Le Calcio pris en otage par les tifosi

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Hier matin à Rome, devant des milliers de personnes, la famille Sandri a enterré Gabriele, le supporter de la Lazio abattu par un policier dimanche dernier sur une aire d'autoroute à Arezzo. Un événement qui avait déclenché la fureur des tifosi de tout le pays et donné lieu à des scènes de chaos dans plusieurs stades

La fédération italienne et le gouvernement ont multiplié les réunions depuis, afin de trouver des remèdes à la violence dans les stades. En attendant des mesures attendues depuis deux décennies, les matchs de Serie B et Serie C du week-end prochain ont été annulés. Une décision qui a surpris Michel Platini. « Mais qu'a à voir le football avec ce qui s'est passé à Arezzo ? Rien, c'est un problème de société, un problème d'ordre public, assène le président de l’UEFA. Le football est seulement pris en otage. »

Les joueurs sont aussi montés au créneau. « Est-ce que, si une vieille dame avec l’écharpe d'une équipe de foot autour du cou était agressée et tuée, demande le portier de la Juve Gianluigi Buffon, nous devrions arrêter le championnat ? » « Au final, ce sont les joueurs qui sont punis, estime le Milanais Kaká. Ces actes risquent d'éloigner les meilleurs joueurs de notre Serie A. » Le mot de la fin revient à Fabio Cannavaro. « Je peux me considérer chanceux de ne pas jouer en Italie en ce moment. Nous sommes en train de donner une mauvaise image de notre football et de notre pays », assure le joueur du Real Madrid et capitaine de la Nazionale, à quelques jours d'un Ecosse-Italie décisif pour la qualification à l’Euro 2008.
Sébastien Bordas
www.20minutes.fr